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Principaux objectifs atteints | Revue de presse | Questionnaire sur échantillon représentatifHebdomadaires, mardi 14 juin 2011
Allocution de M. Mark Muller,
président du Conseil d'Etat chargé du département
des constructions et des technologies de l'information
lors de l’assemblée générale de la Chambre genevoise immobilière (CGI)
2011 est une année charnière pour le développement de notre agglomération puisque le plan directeur cantonal «Genève 2030» est mis à l'enquête publique. C’est donc le moment pour les associations comme la Chambre genevoise immobilière (CGI), mais également pour l’ensemble de la population et pour les communes genevoises, de s'exprimer sur la question.
Le plan directeur cantonal est un travail de longue haleine conduit par mon département, en collaboration avec de nombreux interlocuteurs de part et d'autre de la frontière, avec les communes et les partenaires associatifs, notamment dans le cadre du projet d'agglomération franco-valdo-genevois. Il achèvera sa phase de consultation à la fin de l’année avant d’être déposé au Grand Conseil pour une adoption prévue en début 2012.
Le plan directeur cantonal joue le rôle de constitution urbanistique cantonale. C’est un outil que la Confédération nous demande d'adopter périodiquement et de réviser tous les 10 à 15 ans. Ce document nous permet de tracer la voie, de savoir où nous allons en termes de développement urbain, mais également en matière de développement économique et social. D’ailleurs, le fait que ce processus se déroule en parallèle avec les travaux de l’Assemblée constituante est significatif. Entre 2011 et 2012, ça n’est ni plus ni moins que l’avenir de notre canton que nous allons déterminer!
Quelles en sont les grandes lignes? Il s'agit ni plus ni moins que de déterminer comment organiser notre région pour pouvoir accueillir d'ici 2030 100 000 nouveaux habitants dans le canton.
Ces chiffres sont impressionnants et suscitent réactions, réticences voire peur. Je comprends parfaitement ces sentiments. Permettez-moi de préciser qu’il ne s’agit pas d’un objectif que nous nous sommes assignés mais bien d’une projection démographique confirmée par les scientifiques.
C’est notre rôle en tant qu’autorité politique d’organiser au mieux notre espace urbain afin que la qualité de vie et la prospérité que nous connaissons se maintiennent, voire se développent d’ici 2030.
Les critiques face à cette double croissance démographique et économique sont en général de deux ordres. Il y a tout d’abord le réflexe qui consiste à dire qu’il faut certes construire mais ailleurs, dans un autre quartier ou dans une autre commune. Il y a aussi des attaques plus fondamentales, qui remettent en question le développement et la croissance de Genève, entendant par là qu’il faut y mettre un frein et cesser d’attirer de nouvelles entreprises.
Le Conseil d’Etat s’est prononcé récemment en faveur du développement économique, seul garant de la qualité de vie et de la prospérité qui permettent à l’Etat de délivrer des prestations sociales de haut niveau. Le gouvernement est donc favorable au développement économique mais pas à n’importe quelles conditions. Il s’agit tout d’abord de pouvoir disposer des infrastructures adéquates, non seulement en matière de transports mais aussi en termes d’écoles, de prisons, d’hôpitaux, ou d’EMS. Il nous faut accompagner ce développement. Il est également nécessaire de construire des logements en suffisance: 50 000 nouveaux logements sont ainsi planifiés entre 2010 et 2030.
La seconde condition pour que ce développement économique soit acceptable est qu’il n’y ait pas de perdant. Face à l’explosion du prix des loyers, face à l’arrivée de nouveaux habitants engagés à des postes particulièrement bien rémunérés, certains Genevois peuvent être tentés par le rejet de notre modèle économique, qui se traduit notamment par les Accords bilatéraux avec l’Union européenne.
Il faut donc que la population genevoise puisse se retrouver dans le modèle proposé. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé récemment un appel aux employeurs du canton pour qu’ils engagent prioritairement des chômeurs genevois. D’ailleurs, l’Etat employeur s’impose le même principe, ce qui est la moindre des choses.
Je lance un second appel aux bailleurs et les incite à la modération au moment de fixer le montant des loyers. Il s’agit de notre responsabilité de décideurs publics et privés.
L’objectif premier du plan directeur cantonal est le logement, qui est le point faible du canton en matière de développement. Dans ce cadre, le mot d’ordre est la densification.
Il s’agit de densifier le centre-ville grâce à la surélévation des immeubles d’habitation. Bon nombre de ces projets ne font pas l’unanimité, notamment celle du Conseil administratif de la ville de Genève.
Densification des zones industrielles ensuite, dont certaines particulièrement proches du centre-ville ont vocation à changer d’affectation. Je pense bien évidemment à Praille Acacias Vernets où il est prévu d’étendre la ville, mais aussi à l’ex-Artamis, où des logements seront construits. De manière générale, il faut peut-être envisager d’ajouter un étage supplémentaire à l’ensemble des bâtiments situés en zone industrielle et artisanale.
Il existe aussi, à proximité du centre et des infrastructures de transport, d’importantes zones villas qui, à long terme n’ont pas vocation à le rester. Les réactions des propriétaires sont là aussi souvent très fortes, ce que je comprends parfaitement. C’est donc un vrai défi pour mon département et pour le Conseil d’Etat que de permettre aux propriétaires de villas d’être gagnants dans ces opérations de densification. Le système que nous connaissons aujourd’hui ne permet malheureusement pas de le faire. Le prix du terrain admis dans les plans financiers des zones de développement sont en effet difficilement compatibles avec le prix du marché de la zone villas. Nous sommes donc à la recherche de solutions, en collaboration avec les associations concernées, afin que les propriétaires puissent vendre leur bien à un promoteur à un prix attractif ou se lancer directement dans une opération immobilière.
Le dernier champ d’action est la densification de la zone agricole où nous avons de très nombreux projets. C’est pour moi l’occasion de remercier ici la Chambre genevoise immobilière pour sa forte mobilisation dans la campagne en faveur du déclassement des Cherpines-Charottons.
Voici un aperçu global de la direction que vous propose de prendre le Conseil d’Etat. Je vous encourage à vous manifester dans le cadre de la consultation du plan directeur cantonal «Genève 2030». Merci pour vos idées, vos propositions, vos remarques, mais également vos craintes à l’égard du développement de notre canton. Le Conseil d’Etat est à votre écoute et fera la synthèse de ces observations pour enrichir le plan directeur cantonal et le déposer devant le Grand Conseil d’ici à l’année prochaine.

